Leadership
Ne pas confondre contrôle et maîtrise de soi

Notre ego nous joue bien des tours. Il veut nous faire croire que lorsque nous cherchons à nous contrôler ou à contrôler quelqu’un, nous sommes maîtres de la situation.

Puisant sa source profonde dans un manque de confiance en soi, le contrôle de soi (et le désir de contrôler les autres) devient parfois la solution-réflexe pour pallier cette lacune. L’on peut aussi croire qu’en contrôlant nous prenons notre place et nous nous affirmons.

Mais il y a un « hic »…

Tout d’abord, le contrôle indique une retenue de soi ou de quelqu’un d’autre au risque d’exploser (ou d’imploser, c’est selon). En outre, il traduit une volonté que les choses aillent comme on le veut avec les attentes (et les déceptions) que cela crée.

C’est alors qu’un sentiment domine (et nous contrôle à son tour !) : la peur de perdre le contrôle. Et pour nombre d’entre nous qui avons déjà perdu le contrôle, il est très courant que la culpabilité suive dans la foulée.

Loin des émotions négatives que le contrôle de soi engendre, la maîtrise de soi garantit que ni nos paroles ne nous échappent ni nos actes ne nous dépassent.

Se maîtriser permet de demeurer centré sur ce que l’on veut en tant que manager : la réussite dans la réalisation des objectifs.

En appliquant les principes de la Communication Non Violente, j’ai découvert une clé majeure de cette maîtrise de soi : mieux se connaître soi-même, comme l’expliquait le vieux Socrate à son disciple Platon.

Il s’agit d’identifier sa propre manière de fonctionner, en apprenant à distinguer cinq registres de notre fonctionnement :

1.    Nos pensées, nos interprétations – -> Nos jugements.

2.    Nos observations – -> Ce qui se passe et nous arrive à travers nos cinq sens.

3.    Nos sentiments – -> Les émotions qui nous traversent, consciemment ou non.

4.    Nos besoins – -> Ce qui relève de notre motivation, de la satisfaction de nos valeurs personnelles, qui peuvent parfois sous-tendre une réelle urgence, pesant alors sur notre communication.

5.    Nos demandes concrètes – -> Qui nous poussent à nous adapter à la situation présente.

Le plus souvent, deux personnes peuvent communiquer sans savoir à quel niveau de conscience se placent et leur message, et la réponse qu’elles reçoivent.Le début du travail va donc consister à apprendre à identifier ces différents registres, et à les décoder pour y répondre au mieux, en pratiquant une écoute attentive.

Si comme tout nouveau langage, cela demande un peu de temps et d’entraînement au départ, quasi immédiatement, il en ressort une relation où chacun prend sa part de responsabilité et laisse les autres prendre la leur, suscitant, plus directement encore, l’engagement de chacun à la réalisation d’un but commun.